- La Fontaine du Buvier
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La Fontaine du Buvier de La Roche-Moray, Haute-Saône
La commune de La Roche‑Morey fut créée en décembre 1972 par la fusion de Morey, Bétoncourt‑les‑Ménétriers, Saint‑Julien et Suaucourt‑et‑Pisseloup. Elle s’étend au pied d’une colline calcaire de l’Alanéen et du Béjocien, culminant à environ 400 mètres d’altitude. Cette hauteur, appelée « La Roche », constitue le point le plus élevé de l’ouest de la Haute‑Saône.
À Morey, le prieuré conventuel fut fondé en 1657 à l’initiative du mécène Claude‑François Lullier, président du Parlement de Dole, issu d’une famille originaire du village et anoblie par Charles Quint. Le monastère, bénédictin, était lié au collège Saint‑Jérôme de Dole, dirigé par la même congrégation. Son supérieur, Dom Gérard Girardot, était lui‑même natif de Morey. Les religieux appartenaient à la congrégation réformée de Saint‑Vanne et Saint‑Hydulphe, née des réformes post‑tridentines impulsées par Dom Didier de la Cour, prieur de l’abbaye de Saint‑Vanne de Verdun.
Le prieuré reflète l’architecture religieuse de la seconde moitié du XVIIᵉ siècle, marquée par les grands mouvements de rénovation monastique. L’église fut détruite à la Révolution lors de la vente des bâtiments comme biens nationaux.
- Prieuré de La Roche-Morey
- Cour du prieuré de la Roche-Morey
- Puits du prieuré de la Roche-Morey
En 1843, les Filles du Sacré‑Cœur‑Immaculé de Marie de Saint‑Loup rachetèrent les parties subsistantes et y installèrent un pensionnat pour jeunes filles, actif pendant plus d’un siècle.
Classé au titre des Monuments historiques, l’ensemble conserve aujourd’hui la quasi‑totalité de ses bâtiments, à l’exception d’une chapelle moderne. Le site est désormais géré par une association locale, qui en perpétue la vocation culturelle et communautaire.
La fontaine du Buvier dite « Buvier aux Moines », aménagée en 1583, assurait l’alimentation en eau de la première communauté de moines venus de Jouhe, dans le Jura, et installés dans la maison attenante à l’actuel lavoir. L’accès direct à une source étant limité, ils creusèrent une galerie de 60 mètres dans la montagne afin de capter et canaliser l’eau. Celle‑ci était répartie dans une cuve dotée de trois évacuations, dont l’une alimentait directement l’abbaye.
À l’origine située en amont et à l’air libre, la fontaine servait également d’abreuvoir pour le bétail. La voûte sous laquelle coule aujourd’hui la source correspond à l’ancien pressoir de la maison Lullier, où s’était installée la première communauté monastique.











