SAINT-ANTIDE
Saint-Antide fut évêque de Besançon dans la première partie du Vème siècle. Issu d’une famille séquanaise (peuple gaulois établi en Séquanie actuelle Franche-Comté) qui avait embrassé le christianisme. Son peuple le vénérait comme un Saint, les pauvres l’aimaient comme un père. Les traditions constantes accordent à Saint-Antide, le don des miracles et un pouvoir sur les mauvais esprits. Au début du Vème siècle , les barbares qui stationnaient sur les limites de la Germanie, se répandaient dans l’Europe Occidentale.
La province de Franche Comté subit horreurs et dévastations, une partie de la population fut exterminée, une autre fut réduite en esclavage. A la tête de ces vandales, un nommé Crocus plus barbare encore que ses soldats, ne laissaient sur leur passage qu’incendies et ruines. Ce torrent dévastateur approchait de Besançon, Saint-Antide exhorta son peuple à la prière et à la pénitence, il ranima le courage des guerriers et les assura de la protection de Dieu. Il se dirigea seul vers de château de Ruffey, parvenu aux premières lignes, il élève ses mains en signe de supplication pour la grâce de son peuple, un soldat lève la main et le frappe avec violence et lui demande de quel droit il ose parler et arrêter des troupes toujours victorieuses. Il répondit « Je suis chrétien et Dieu est vrai et puissant ». Les soldats lui lient alors les mains et le conduisent à leur chef. Crocus croit alors avoir en face de lui un des chefs de la Séquanie et l’interroge , le Saint lui répond « je suis chrétien et c’est le seul titre dont je m’honore ». Crocus furieux exige qu’il abandonne sa religion, il le fit flageller , le Saint garda le silence, il fut frappé, voyant la sérénité que reflétait le visage du supplicié, Crocus redouble de fureur et ordonne au bourreau de lui trancher la tête. A la faveur de la nuit, les rescapés du massacre et du pillage de Ruffey, recueillirent les restes de Saint-Antide en les ensevelissant à l’emplacement de l’ancienne église. Ce lieu d’inhumation fut bientôt connu et devint l’objet d’un important pèlerinage, pendant six siècles. Puis le Saint fut enlevé et installé par l’évêque à l’église Saint-Paul de Besançon. Les reliques furent alors intégrées dans un reliquaire , sauvé de la Révolution par le sacristain. Après ces évènements, les précieux restes furent placés à l’église Saint-Maurice. En 1836 sur sollicitation du curé M Vachot de Ruffey une partie des saintes reliques fut portée en grande pompe dans ce village où elles reposent aujourd’hui.