La Fontaine de la Rampe de Chazerat
La Fontaine de la Rampe de Chazerat
Photos prises en mai 2015

 

 

La Fontaine de la Rampe de Chazerat de Riom

 

Au nord de Riom se trouvait   l’une des quatre portes de l’enceinte de la ville, ce passage a été détruit en 1788 lors de l’aménagement de la rampe de Layat oeuvre de l’architecte riomois Attire-Maneville. Une grande fontaine a été intégrée dans le monumental escalier à double rampe. Le fronton possède deux colonnes engagées supportant chacune un vase. Elles encadrent un dégagement contenant une petite stèle sur laquelle repose une vasque qui reçoit l’eau dont le trop plein se déverse dans un petit bassin avant d’aller rejoindre, au niveau inférieur, le grand bassin. Le dosseret est complèté, de chaque côté d’un panneau encastré décoré d’une corne d’abondance et d’un blason buriné.   Au dessus de l’arrivée d’eau, un grand cadre de pierre est gravée une inscription rendant hommage à M. de Chazerat. Le comte de Chazerat était Premier Président de la Cour des Aides d’Auvergne, et pendant 17 ans Intendant du Roi dans la Généralité de Riom (aujourd’hui Préfet). Il s’efforça de développer les cultures locales et fut à l’origine du développement du réseau routier de l’Auvergne.

Nous empruntons l’escalier monumental de la rampe de Chazerat pour rejoindre la rue de l’horloge à destination de la rue de l’hôtel de ville dont le bâtiment éponyme conserve quelques chefs d’ouvres. Situé dans l’ancien hôtel Amable de Cériers (XVIème -XVIIIème siècle) outre une jolie façade, il possède une magnifique cour intérieure.   Le corps de logis du XVIIIème siècle est disposé en L avec portiques et galeries d’ogives, desservis par deux escaliers à vis.

 

Sous l’une des branches de la galerie se situe le Monument aux Morts de la Première Guerre Mondiale, entre les deux plaques de marbre, sur une colonne engagée en pierre de Volvic, est disposé le buste représentant le profil de « La France ». L’oeuvre date de 1904 et a été créée par Auguste Rodin qui pour la réaliser s’est inspiré de Camille Claudel soeur de l’écrivain Paul Claudel.

 

Une autre oeuvre du même sculpteur orne le porche de la Mairie, il s’agit de l’une de ses dernières réalisations avant son décès en 1917. L’étude en terre qu’il avait réalisée était inachevée, elle a été moulée et le modèle fondu en bronze en 1937 par les ateliers Rudier à la demande de la ville de Riom.   Il s’agit du buste d’Etienne Clémentel ami de l’artiste. Homme politique français de la Troisième République, il fut député, plusieurs fois ministre, mais aussi Maire de Riom de 1904 jusqu’à sa mort en 1936.

 

L’autre partie de la galerie abrite « Le Baiser de la Gloire » , marbre de Raymond Rivoire (1884-1966). Une documentation remise à l’accueil de la Mairie nous en conte l’histoire.   « Ce marbre est souvent considéré comme un monument aux morts de la Grande Guerre. En fait, cette oeuvre est à l’origine un monument funéraire commandé par la famille du poète Albert Samin (1858-1900). Le plâtre où la muse se penche sur le gisant du poète pour un ultime baiser est présenté au salon de 1907 sous le titre de “Communion suprême”. Pour une raison inconnue, l’oeuvre est refusée par les commanditaires. Le marbre acheté par l’Etat en 1915 reçoit une médaille de bronze au Salon de 1920. En 1923, il est transféré à Riom dans la cour de l’Hôtel de Ville à titre de dépôt et devient le « Baiser de la Gloire » et c’est désormais la figure de la Gloire qui dépose le baiser de paix sur le front d’un soldat mort, en l’enveloppant de ses longues ailes ».

C’est à la demande d’Etienne Clémentel que ce groupe sculpté en marbre de carrare est affecté à titre de dépôt à la ville de Riom et sera considérée comme un monument aux morts de la Première Guerre Mondiale.

 

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