La Fontaine de l’Hôtel de Ville
La Fontaine de l’Hôtel de Ville
Photos prises en juin 2009

 

La Fontaine de l’Hôtel de Ville des Limoges

 

Limoges fut une ville très industrielle, avec des fabriques de chaussures, de gants. Elle est également le berceau de la porcelaine, et bénéficie dans ce domaine depuis le 18ème siècle, d’une réputation mondialement reconnue, puisque les grands noms de la porcelaine possèdent leur enseigne dans la cité. C’est grâce au kaolin, matière première abondante dans la région (gisements de Saint-Yrieix-la-Perche ou Darnet, découverts en 1771), mais aussi à l’eau, au bois utilisé comme combustible et à la volonté de l’Intendant Turgot que cette industrie a pu se développer. Connue pour ses arts de la table, la porcelaine de Limoges a été aussi employée dans d’autres secteurs : constructions électriques, instruments de laboratoire, sanitaires, décoration de la maison, art funéraire, architecture. Ainsi les halles et la fontaine de l’hôtel de ville comportent des éléments en porcelaine.

L’émail peint, dont Limoges détient le quasi-monopole, date pour sa part de la fin du XVe siècle. Après une décadence de deux siècles, grâce aux peintres passionnés d’art décoratif et aux artisans de la porcelaine cet artisanat connu un nouvel essor. Aujourd’hui il traverse une certaine crise, avec la baisse du nombre des émailleurs et la suppression de la Biennale de l’Émail. Pourtant en produisant des ouvres d’art originales quelques fabricants dynamiques s’efforcent de redonner un certain prestige à cette technique ancestrale.

Au milieu du square situé devant l’entrée de l’Hôtel de Ville, dont la façade est décorée de médaillons émaillés représentant des personnages célèbres de la cité, se trouve une magnifique fontaine.

Ce monument d’une dizaine de mètres de hauteur et composé d’éléments en granit comme les colonnes, d’un grand bassin et d’un petit bassin en porcelaine, le vase qui le surmonte symbolise l’activité porcelainière de Limoges. Disposé en façade, un blason en émail sur lequel se distinguent des fleurs de lys, qui rappellent le rattachement de Limoges à la couronne de France, surmontées d’un rempart (puisque la ville est composée de deux cités fortifiées). Sur la partie centrale de cet écusson, le visage d’un personnage encadré des lettres S et M qui est celui de Saint Martial, Saint Patron de Limoges. Le décor des bassins composé de nénuphars, de poissons, préfigure l’art nouveau. Jean-Alexis Fournier en léguant sa fortune à la ville a permis la construction de ce monument. Réalisé entre 1882 et 1893, il est l’ouvre de Charles Genuys architecte en chef du Dôme des Invalides en collaboration avec les Écoles Nationales des Arts Décoratifs de Paris, de Limoges et de la manufacture de porcelaine Guérin. Initialement la fontaine devait être implantée sur la place de la République. C’est grâce à la volonté d’Auguste Louvrier-de-Lajolais, directeur de l’École nationale d’art décoratif de Limoges qu’elle vit le jour. Quatre enfants sont disposés autour de la pile centrale, et représentent différentes étapes de la création d’un vase en porcelaine.

 

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